TABLEAU HISTORIQUE DES HAUTES-ALPES

MANDEMENT DE LA VAL-D'OZE



Ce mandement est l'un des plus intéressants à étudier du Gapençais. il s'étendait sur la vallée de Maraise et sur une portion de celle du Drouzet, mais il avait été plus considérable autrefois. La terre du Furmeyer en faisait probablement partie au XIIIe siècle, et les hameaux du Plan-du-Bourg et de Villelongue en avaient été détachés au XVe pour être mis au mandement de Savournon. La seigneurie de la Val-d'Oze, qualifiée, depuis 1265 au moins, de baronnie, resta à l'état de franc-alleu jusqu'au XIIIe siècle; le seigneur majeur reconnut alors la suzeraineté du Dauphin. Ce seigneur majeur étendait son autorité sur les neuf paroisses de la baronnie, et chaque communauté avait un seigneur particulier vassal du seigneur majeur. Cet état de choses se maintint sans altération notable jusqu'au XVIIe siècle. La seigneurie majeure parait avoir été divisée, au début, entre deux familles étroitement unies par des liens de parenté, les familles Reynier et Auger;

  • Pierre Reynier, 1080
    Pierre, 1140-1150
    Pierre, 1200
    Pierre, doyen du chapitre de Gap, qui fait héritiers ses neveux, Pierre Reynier et Guillaume Auger vers 1292.
  • Guillaume, 1180-1190
    Guillaume, 1235-1260
    Guillaume, seigneur de toute la baronnie, par héritage de Pierre Reynier, son oncle, 1270-1308
    Guillaume, 1308-1310
    Guillaume, 1318-1339
    Guillaume, 1339-1358
    Guillaume, 1380-1399
    Georges, 1399-1460
    Alix de Saporis, sa femme, garde la baronnie d'Oze pour ses reprises et épouse Louis Gaste, 1460-1486
    Jeanne, leur fille, épouse François de Castellane, 1500-1525
    Melchior, fils des précédents, fait héritière sa soeur Honorade, femme de Jean du Mas, substitué au nom et aux armes de Castellane, 1558
    Alexandre du Mas de Castellane, 1610
    Jean de l'Olivier de Bonne achète la Val-d'Oze 100,000 livres (avec la baronnie de Vitrolles), le 15 novembre 1610
    François, son fils, la revend à son oncle Pierre de Tholosan, 1629.1669
    Jean de Tholosan, 1669-1700
    Celui-ci fait héritière sa tante Louise d'Hugues, veuve de Pierre de Roux de Bellaffaire, 1700-1717; elle vend avec faculté de rachat à .Jean-François de Roux de Gaubert, 1719; elle rachète en 1734 et revend définitivement à François de Roux de Gaubert en 1751
    Alexandre-Louis-Gabriel de Roux de La Ric, 1789.
  • La baronnie d'Oze avait été érigée en comté en 1729 sous le titre de La Ric; le siège de ce comté était le château de Chabestan. La famille de Roux avait la prétention, qui paraîtrait justifiée par quelques titres, de descendre des Ruffo, puissants seigneurs de Calabre, partisans des princes d'Anjou, rois de Sicile, et forcés de s'expatrier après les Vêpres siciliennes. Leur fidélité à la France leur ayant fait perdre la seigneurie de la Ricca près de Naples, Jean-François de Roux obtint que la terre de la Val-d'Oze érigée en comté en sa faveur, en 1729, prendrait le titre de La Ric en souvenir de la seigneurie que ses ancêtres avaient perdue quelques siècles auparavant. La famille de Roux de Gaubert changea même son nom en celui de Ruffo de La Ric.

  • Antoine, Bertrand et Guillaume de Chabestan
    Isnard de Vitrolles
    Didier Tabatii
    Guillaume, Mondon et Jean de Montrond
    Jean Ferrus
    Jean Gruel
    Isnard de Lazer
    Mondonne du Saix
    femme de Guillaume de Parme
    Catherine du Fort
    femme de Raymond de Rosans
    Madeleine, héritière de Raymond du Saix et femme de Jean de Bardonnèche
    Perceval et Justet de Bardonnèche
    Bertrand de Barras
    Guigues d'Oze
    Montaline, veuve de Guillaume Sylve
    Raymond Geoffrey
    les héritiers de Montarcine Arnulphi
    femme de Jacques de Montorcier.
  • - Le baron d'Oze exerçait un droit absolu de haute et basse justice par le ministère d'un baile qui siégeait à Oze. Le 6 décembre 1268, il transigea solennement avec les seigneurs ses vassaux, de la Val-d'Oze, il laissa à chacun d'eux une juridiction inférieure se réservant la haute justice et l'appel de leurs tribunaux. Il dut lui-même, bientôt après, se reconnaître justiciable du conseil delphinal de Grenoble et permettre à ses sujets d'en appeler de son tribunal à cette cour souveraine. Ayant voulu mettre quelque empêchement à l'un de ces appels, il fut condamné, au mois d'octobre 1376, à 50 florins d'amende pour avoir entravé le cours régulier de la justice. Au XVIIe siècle, sa juridiction fort amoindrie s'exerçait à Veynes, avec appel au vibailli de Cap. En 1729, Jean-François de Roux obtint, en même temps que l'érection de sa baronnie en comté, que sa juridiction s'exercerait à Grenoble avec appel immédiat au parlement.

    Bibliographie

    ALLEMAND (abbé). Monographie de la Val-d' Oze. Gap, Jouglard, 1884, in-8°.


    [Retour]

    LA BÂTIE-MONT-SALÉON. (La Bâtie-Montsaléon)

    État ecclésial :

    L'Église paroissiale de la Bâtie-Mont-Saléon était sous le vocable de Notre-Dame; en 1516, il existait dans cette église une chapelle dont le titre n'est pas connu; elle avait disparu en 1616.
    - Il y avait un prieuré dans cette paroisse; je n'ai pu découvrir à quel ordre religieux il appartenait. au Moyen-Âge; en 1708 il était uni au chapitre de Gap, qui était, à cette époque, juspatron et principal décimateur de la paroisse La Bâtie, jusqu'au XVIIIe siècle, fit partie de l'archiprêtré du Gapençais, elle fut unie alors à celui du Rosanais.

    Ordres hospitaliers :

    Au XIVe siècle, le commandeur de Cap de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem possédait quelques revenus à la Bâtie, dont il fit hommage au Dauphin en 1560. Un domaine porte encore dans cette commune le nom de la Commanderie

    Adminitration et Justice:

    La Bâtie-Mont-Saléon est une ancienne ville romaine qui portait, au IVe. siècle, le nom de Mons Seleuci et parait avoir eu une certaine importance à cette époque. Une station située à l'embranchement des voies de Gap et Die et du Monétier-Allemont à Aspres, à l'endroit nommé actuellement la Beaumette (commune d'Aspres), portait également le nom de Mons Seleuci.
    Le seigneur de la Bâtie avait une juridiction particulière qui s'exerçait a Veynes avec appel au vibailliage de Gap. Cette communauté faisait partie de l'élection et de la subdélégation de la même ville.

    État féodal :

    En 1206, le comte de Provence prétendait encore au haut domaine de cette seigneurie.
    Le baron de la Val-d'Oze posséda jusqu'en 1406 la moitié de la terre de la Bâtie-Mont-Saléon.
    Georges Auges forcé de payer à Pierre de Grolée-Mévouillon, son beau-frère, la dot d'Anne, sa soeur, vendit ce qu'il possédait à la Bâtie, à Antoine Vieux, en 1406.
    Raymond et François, fils d'Antoine (1413-1438), paraissent avoir revendu leur part à l'autre coseigneur de la Bâtie.

  • Arnaud Flotte, 1125-1161
    Arnaud, 1188-1214
    Lantelme, 1214-1250
    Osasica, son frère, 1253-1270
    Arnaud, 1270-1292
    Osasica, son frère, 1292-1308
    Sochon, 1306-1309
    Arnaud, son frère, 1309-1350
    Arnaud et Raymond, 1350-1390
    Osasica, fils d'Arnaud, 1390-1406
    Jean, 1406-1424
    Sochon, 1424-1416
    Jean, 1416-1498
    Jean, 1498-1511
    Marin-Glaude, 1511-1559
    Antoine, dit Antonin, 1559-1587
    Gaspard, 1587-1612
    Jean et Jean-François, 1612-1691
    Marianne, fille de Jean, épouse Pierre de Bimard, 1702
    Joseph, leur fils, 1758
    Emilie, sa fille, épouse M. de Sade, 1779-1789.
  • Histoire:

    353, 11 août, Constance II, empereur, gagne à la Bâtie-Mont-Saléon une victoire contre l'usurpateur Magnence.
    1573, 8 mai, Montbrun, chef des protestants, bat à la Bâtie, les capitaines catholiques Laborel et Gargas et leur tue cent cinquante hommes.
    1594, 6 octobre, Épernon attaque, à la Bâtie, des troupes amenées de Provence par le marquis d'Oraison au secours de Lesdiguières et leur tue trente cavaliers.

    [Retour]