TABLEAU HISTORIQUE DES HAUTES-ALPES


2e CHÂTELLENIE DE CORNILLON

Cette châtellenie s'étendait sur tout le bassin de la rivière de l'Oulle et comprenait beaucoup de paroisses actuellement dans le département de la Drôme telles que la Charce, Pommérol, Cornillac, la Motte-Chalancon etc. Le 26 décembre 1303, le comte de Provence s'opposa à l'acquisition que le Dauphin en avait faite de Raymond de Mévouillon; il fit plus, et le 5 novembre 1305 il acquit lui-même les droits de la famille de Mévouillon pour le prix de 5,000 livres provençales, et, le 26 mars 1306, la juridiction du monastère de Ile-Barbe sur ces terres, moyennant une rente de 1,333 livres. Jusqu'à la fin du XVe siècle ces seigneuries restèrent sous le domaine direct du comte de Provence et elles ne furent annexées au Dauphiné que lorsque la Provence fut elle-même annexée à la France. En 1463, Louis XI voulut supprimer cette enclave provençale, entourée de toutes parts par des terres delphinales, et il proposa au roi René de l'échanger contre la ville de Gap et son territoire. L'opposition du parlement de Grenoble, le 12 août 1465, empêcha seule la réalisation de ce projet. A peine réunie au Dauphiné cette châtellenie fut supprimée; quelques-unes de ses paroisses furent annexées au vibailliage du Buis, d'antres à celui de Gap.

MANDEMENT DE LA VAL D'OULLE.

BRUIS.

État ecclésial:

L'église paroissiale de Bruis était sous le vocable de l'Assomption de Notre-Dame du Palais; elle était située à côté de la tour seigneuriale, sur la hauteur qui domine le village, et fut démolie pendant les guerres de religion. Les habitants, en 1664, obtinrent l'autorisation de construire dans la plaine une nouvelle église qui fut placée sous le vocable de saint Michel.
Au commencement du Xe siècle, Humbert, évêque de Gap, donna des propriétés importante à l'abbaye de Ile-Barbe de Lyon; le roi Conrad-le-Pacifique confirma cette libéralité le 20 août 971.Il est probable que dans cette donation étaient comprises les terres qui dépendaient du prieuré de Bruis. Pendant tout le moyen âge ce prieuré appartint en effet à l'abbaye de l'Ile-Barbe il fut sécularisé en 1564. Le prieur était collateur de la cure et décimateur de la paroisse qui dépendait de l'archiprêtré du Rosanais.

Administration et Justice :

Bruis, jusqu'au XVe siècle, fit partie du bailliage de Sisteron; il fut ensuite annexé au vibailliage de Gap, à l'élection et à la subdélégation de cette ville.

État féodal :

La seigneurie majeure de Bruis appartenait à l'abbé de l'Ile-Barbe. Au-dessous de lui la famille de Mévouillon possédait une part de cette terre; le 2 juin 1242, Raymond de Mévouillon prêta hommage â l'abbé de l'Ile-Barbe ; en 1413, Pierre de Mévouillon-la-Chaup était encore coseigneur de Bruis.
En 1466, Parceval de Rosans était possesseur d'une autre part de cette coseigneurie; il eut deux enfants Jordan et Philis qui donnèrent naissance à deux coseigneuries :

Les seigneurs de Montmorin avaient également des droits sur Bruis.

Histoire

1303, Raymond de Mévouillon s'empare violemment de Bruis, en chasse le prieur et vend cette terre au Dauphin. Le comte de Provence le fait punir lorsqu'il apprend la vérité.
1345, le prêtre Humbert se saisit, les armes à la main, du prieuré dont était titulaire Jean de Beaumont; le Dauphin intervient et le fait restituer à son légitime possesseur.
1414, 6 février, le Dauphin prend le prieur de Bruis sous sa protection, moyennant la redevance d'une obole d'or.

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