TABLEAU HISTORIQUE DES HAUTES-ALPES
MANDEMENT DE CHÂTEAUROUX


CHÂTEAUROUX (renommée CHÂTEAUROUX-LES-ALPES le 11 août 1996)

État ecclésial:

La paroisse de Châteauroux était sous le vocable de saint Marcellin, mais dès le XIVe siècle le service divin se faisait dans quelques chapelles éloignées du cheflieu paroissial et dédiées à saint Alban, saint Étienne et sainte Catherine. En 1516, outre les chapelles ci-dessus, six autres payaient des décimes ; c’étaient celles de Notre-Darne-des-Anges, Sainte-Marie, Saint-Jean, Saint-Antoine, Saint-Claude et Notre-Dame-des-Jenselmes. Peu après fut fondée, sur un promontoire dominant la Durance, celle de Saint-Jacques oo Saint-Jaume-de-la-Chalp. Toutes ces chapelles existaient encore en 1783, sauf celle de Saitnt-Marie. A cette époque le clergé se composait d’un curé résidant au village de Saint-Marcellin et de trois vicaires, dont l’un desservait la chapelle de Saint-Alban et un autre celle de Saint-Irénée, nouvellement construite au village des Aubergeries.
- Il existait dans cette paroisse un prieuré sous le titre de Sainte-Marie, puis de Saint-André-des-Beaumes. Je n’ai rien trouvé sur l’époque de sa fondation ; il appartint d’abord au monastère de Sainte-Croix, dont je vais parler bientôt, puis à celui de Boscodon ; il fut en suite mis en commande pendant de Longues années; enfin les consuls d’Embrun obtinrent
en 1584, son union avec le collège, alors dirigé dans leur ville par les jésuites. Ses revenus étaient alors évalués à 1,000 livres.
- La dîme se partageait entre l’archevèque collateur de la cure, le chapitre d’Embrun, le prieur des Beaumes et l’abbaye de Boscodon.
- Dès le commencement du XIIe siècle il existait à Châteauroux une abbaye sous le titre de Sainte-Croix. Quoiqu’on n’ait encore rien trouvé de précis sur l’époque de sa fondation et sur la règle que suivaient les religieux, il est probable qu’elle appartenait à l’ordre de Chalais. Son existence fut courte : le 18 avril 1293 elle fut unie à l’abbaye de Boscodon avec l’assentiment de l’archevèque d’Embrun, à cause des dettes dont elle était obérée et de l’insuffisance de ses revenus. Depuis lors elle ne fut plus qu’un simple prieuré, dont était titulaire un moine de Boscodon ; après la suppression de cette abbaye (1769) elle fut annexée au séminaire d’Embrun.

  • - G[uillelmus], 1124
    - P[etrus], 1198
    - Gaudinus, 1216
    - P[etrus], 1218
    - 0[tho], 1238
    - Giraudus, 1278
  • Hôpitaux:

    - A la fin du XIIIe Siècle il existait à Châteauroux une maladrerie sur le hord du torrent de Rabioux

    Administration et Justice:

    Châteauroux dépendait, au point de vue judiciaire, du juge des châteaux épiscopaux, et d’Embrun au point de vue administratif. Ses institutions municipales étaient les seules de tout l’Embrunais qui offrissent quelque originalité: les consuls nommés béoux (bajuli) étaient choisis dans certaines familles privilégiées de temps immémorial et qui en avaient acquis pour ainsi dire la noblesse. En s’adjoignant douze notables habitants ils formaient un tribunal de paix qui décidait en première instance des contestations entre leurs administrés.

    État féodal:

    - L’archevèque était seigneur de cette terre; le Dauphin y avait peu de droits.

    Industrie et Commerce:

    - Au fond du torrent du Couleau, qui sépare le territoire de Châteauroux de Saint-Clément, et dans un endroit contesté jusqu’à la fin du XIVe siècle entre ces deux communautés, il existait une mine d’argent dont l’archevêque était le propriétaire. Le 2 mai 1290 il l’afferma pour dix ans, moyennant le douzième du produit et l’exemption pour les ouvriers de tout service. Les montagnes de Châteauroux fournissent d’abondantes carrières d’ardoises.

    Histoire:

    - 1237, les Embrunais révoltés contre leur, archevéque s’emparent de Châteauroux et le saccagent
    - 1368, une bande de routiers nommés les Provençaux, remontant la vallée de la Durance pour passer en Italie, s’emparent de Châteauroux et le pillent.
    1428, 6 décembre, transaction par laquelle le Dauphin change en 2 florins d’or le quintal de fromage qu’il percevait sur les habitants comme redevance de pâturage.
    - 1585, 20 novembre, Salomon Arabin, dit le capitaine Roure, et Louis de Rousset, capitaines protestants, s’emparent de Châteauroux.

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