
- Cet important mandement comprenait toute la rive gauche du Drac, depuis Laye jusqu'au Pont-Bernard et les quatre paroisses du Noyer, de la Fare, de Poligny et du Glaizil.
L'évêque de Gap en était seigneur et c'est cette circonstance qui lui avait valu son nom de TERRE-D'ÉGLISE. Ce prélat y avait un juge et un châtelain.
Je suis porté à croire que la constitution de ce mandement n'est pas bien ancienne ; en effet, contrairement à ce que l'on remarque dans les très anciens mamdements, les communautés qui le composaient étaient de temps immémorial divisées d'intérèts, et leurs biens communaux ne se confondaient pas. Il est à croire que ces paroisses limitrophes formaient autrefois plusieurs mandements qui furent réunis en un seul, lorsque l'évèque de Gap en fut devenu propriétaire.
Le juge épiscopal portait le nom de juge des châteaux épiscopaux, probablement par imitation du juge épiscopal d'Embrun; à partir du XVIe siècle il siégea à Gap et l'appel de ses décisions était porté au vibailli de cette ville.
- La paroisse de la Fare était sous le vocable de l'Assomption de Notre-Dame. Une très ancienne chapelle, but d'un pèlerinage, existait à peu de distance, sous le nom de Notre-Dame-de-Boisvert ou plutôt de Beauvoir. Le curé de la Fare prenait le titre de prieur-curé ; il était à la nomination de l'évéque de Gap, qui percevait, concurremment avec lui, la dîme de cette paroisse ; elle faisait partie de l'archiprêtré du Champsaur.
- La Fare dépendait de l'élection de Grenoble, de la subdélégation de Gap et du juge des châteaux épiscopaux, juridiction qui s'exerçait à Gap, avec appel au vibailli de cette ville.
- Antérieurement au XVIe siècle, un juge épiscopal résidait dans le mandement même de la Terre-d'Église; on contesta à l'évêque au XVe siècle le droit d'avoir cette judicature, mais il fut maintenu en possession par arrêt
du parlement du 28 juin 1473.
-Depuis une époque reculée l'évêque de Gap était
seigneur d'une moitié de la terre de la Fare. Je
n'ai pu découvrir d'où lui venait cette seigneurie,
mais je pense qu'il la tenait de la libéralité de
quelque Dauphin. Ces princes firent, en effet, des
donations considérables au commencement du
XIIIe siècle à l'archevêque d'Embrun, au moment
où ils acquirent l'Embrunais ; il est à supposer
que pour les mêmes raisons ils tinrent à se montrer
généreux envers l'évêque de Gap, en acquérant
le comté de Gapençais.