TABLEAU HISTORIQUE DES HAUTES-ALPES

MANDEMENT DE TERRE-D'ÉGLISE.

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- Cet important mandement comprenait toute la rive gauche du Drac, depuis Laye jusqu'au Pont-Bernard et les quatre paroisses du Noyer, de la Fare, de Poligny et du Glaizil.
L'évêque de Gap en était seigneur et c'est cette circonstance qui lui avait valu son nom de TERRE-D'ÉGLISE. Ce prélat y avait un juge et un châtelain.
Je suis porté à croire que la constitution de ce mandement n'est pas bien ancienne ; en effet, contrairement à ce que l'on remarque dans les très anciens mamdements, les communautés qui le composaient étaient de temps immémorial divisées d'intérèts, et leurs biens communaux ne se confondaient pas. Il est à croire que ces paroisses limitrophes formaient autrefois plusieurs mandements qui furent réunis en un seul, lorsque l'évèque de Gap en fut devenu propriétaire.
Le juge épiscopal portait le nom de juge des châteaux épiscopaux, probablement par imitation du juge épiscopal d'Embrun; à partir du XVIe siècle il siégea à Gap et l'appel de ses décisions était porté au vibailli de cette ville.

LA FARE (renommée LA FARE-EN-CHAMPSAUR en 1928)

État ecclésial:

- La paroisse de la Fare était sous le vocable de l'Assomption de Notre-Dame. Une très ancienne chapelle, but d'un pèlerinage, existait à peu de distance, sous le nom de Notre-Dame-de-Boisvert ou plutôt de Beauvoir. Le curé de la Fare prenait le titre de prieur-curé ; il était à la nomination de l'évéque de Gap, qui percevait, concurremment avec lui, la dîme de cette paroisse ; elle faisait partie de l'archiprêtré du Champsaur.

Administration et Justice:

- La Fare dépendait de l'élection de Grenoble, de la subdélégation de Gap et du juge des châteaux épiscopaux, juridiction qui s'exerçait à Gap, avec appel au vibailli de cette ville.
- Antérieurement au XVIe siècle, un juge épiscopal résidait dans le mandement même de la Terre-d'Église; on contesta à l'évêque au XVe siècle le droit d'avoir cette judicature, mais il fut maintenu en possession par arrêt du parlement du 28 juin 1473.

État féodal:

-Depuis une époque reculée l'évêque de Gap était seigneur d'une moitié de la terre de la Fare. Je n'ai pu découvrir d'où lui venait cette seigneurie, mais je pense qu'il la tenait de la libéralité de quelque Dauphin. Ces princes firent, en effet, des donations considérables au commencement du XIIIe siècle à l'archevêque d'Embrun, au moment où ils acquirent l'Embrunais ; il est à supposer que pour les mêmes raisons ils tinrent à se montrer généreux envers l'évêque de Gap, en acquérant le comté de Gapençais.

  • - Étienne de la Fare, 1180
    - Hugues, 1246
    - Guillaume, 1298
    - Raoul et Raymoud, 1310- 1334
    - Jacques, fils de Raoul, 1340
    - Raoul, 1395-1403
    - Jacques Jarenton acquiert cette terre et la vend à Antoine Vieux, le 22 août 1409
    - François, 1413-1438
    - Guigues de Poligny en était seigneur en 1580
    - Élie-Pierre, 1587
    - Étienne, 1645
    - Pierre, 1645-1677
    - Gaspard, 1697-1722
    - Angélique, sa fille, épouse de Charles de Revillasc, 1731
    - Jacques, leur fils, 1752-1762
    - Joseph-Pierre, 1789.
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