TABLEAU HISTORIQUE DES HAUTES-ALPES


MONTMAUR.

État ecclésial:

La paroisse de Montmaur, sous le vocable de saint Pierre-aux-Liens, est connue depuis le XIIe siècle. En 1516 il y avait dans cette communauté une seconde église paroissiale sous le vocable du Saint-Esprit, desservie par un curé En 1616 cette deuxième paroisse avait été supprimée, et le clergé paroissial se composait d’un curé et de deux desservants, dont l’un pour la chapelle du Saint-Esprit. En 1708 il n’y avait plus qu’un curé et un desservant pour la chapelle du Saint-Esprit. Cette chapelle est sans doute celle qui existe sur un mamelon, au milieu de la plaine de Montmaur; au XIIe siècle elle est nommée l’église des Sept-Fonts, au XVIe siècle l’église du Saint-Esprit ;elle porte maintenant le nom de chapelle de Sainte-Philomène. Elle dépendait, avant 1238, du prieuré de Saint-Géraud, d’Aspres et fut donnée le 11 décembre de cette année, par le prieur, à la chartreuse du Durbon.
- Une autre chapelle. sous le titre de Sainte-Marie des Prats existait à Montmaur en 1340.
- Dés 1170 Montmaur était le siège d’un prieuré qui dépendait de la prévôté de Chardavon, près de Sisteron, règle de Saint-Augustin. Le prieur partageait avec l’évêque de Gap et les Chartreusines de Berthaud les dîmes de cette paroisse qui faisait partie de l’archiprêtré du Gapençais

Hôpitaux:

Un hôpital existait au moyen âge à Montmaur; la tradition rapporte qu’il était joint à l’église des Sept-Fonts, aujourd’hui chapelle de Sainte-Philomène.

Administration et Justice:

Humbert II, dauphin, accorda, le 2 mars 1342, au seigneur de Montmaur, le droit de haute et basse justice sur sa terre, en première instance et en appel, et d’autres privilèges très considérables; moyennant une somme de 500 florins. Cette juridiction, fort amoindrie, s’exerçait à Veynes au XVIIIe siècle, avec appel au vibailli de Gap. Montmaur dépendait de l’élection et de la subdélégation de cette ville.
- En 1322 le comte de Provence prétendait encore au haut domaine et à la juridiction de cette seigneurie.

État féodal:

Dés 1265 Montmaur est qualifiée de baronnie; elle était la quatrième parmi les quatre grandes baronnies anciennes du Dauphiné, dont les titulaires avaient le privilège de siéger aux états provinciaux en tête du corps de la noblesse. Les barons de Montmaur avait la charge héréditaire de grands veneurs du Dauphiné.
Cette seigneurie fut possédée d’abord par une branche cadette de la famille de Montauban qui prit le nom de Montmaur :

Voici la descendance des Artaud de Montauban:


Dès 1182 l’évêque de Gap était coseigneur de Montmaur pour le hameau de Brunsel et pour la Bâtie-de-Montmaur. Il ne possédait, au XVIe siècle, plus aucun droit dans cette seigneurie; mais au XIIIe le baron lui rendait hommage; le 26 février 1290 Reynaud de Montauban le reconnut pour son suzerain.

Histoire:

- 1340, du 9 au 11 novembre, Humbert II séjourne à Montmaur,
- 1300, les soldats de Raymond de Turenne, révolté contre le comte de Provence, dévalisent, à Montmaur, des marchands piémontais.
- 1405, Geoffroy le Meingre, dit Boucicaut, gouverneur du Dauphiné, veut restreindre le droit de chasse du baron de Montmaur, et, pour avoir raison de sa résistance, fait le siège de son château. Les seigneurs du Gapençais prennent les armes et forcent le gouverneur à se retirer.

Biographie:

- FLOTTE (Balthazard), baron de Montmaur, comte de la Roche, né en 1554,décapité à Paris le 6 août 1614. Il embrassa la parti des armes, fut guidon du grand-prieur (1577), capitaine d’une compagnie (1581), colonel et gouverneur de Romans (1587). II voulut livrer cette ville au duc de Savoie et en fut chassé le 23 octobre 1597. Il se retira à la cour du duc; revint en France en 1603; Henri IV lui pardonna et le nomma son écuyer; il retourna de nouveau en Savoie en 1610; n’ayant pas été bien accueilli, il revint en France en 1613; puis voulant rentrer en grâce auprès du duc, il fit assassiner, près de Tarare, un prêtre italien qui portait à la régente des papiers compromettant le duc de Savoie. Il fut arrêté, convaincu de ce crime et eut la tête tranchée en place de Grève. Outre ce crime, il avait commis celui de bigamie, ayant épousé Marthe de Clermont d’Amboise du vivant de sa première femme, Isabeau des Astars de Loudun. Il avait été créé comte de la Roche en 1592.
- GRÉGOIRE (Balthazard de), colonel, maître d’hôtel du roi, seigneur de la Gâche et de Savournon (1625-l680) C’était un protestant zélé et influent; sa famille s’expatria à la révolution de l’édit de Nantes.
- La famille Artaud de Montauban a donné à l’église de Cap deux évêques, Dragonet (1328-1348) et Jacques (1365-1399), et deux doyens nommés tous deux Gaucher(1332-1341 1344-1364) ; mais il n’est pas sûr qu’ils appartinssent à la branche de cette famille qui possédait la seigneurie de Montmaur.

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