TABLEAU HISTORIQUE DES HAUTES-ALPES

MANDEMENT DE RIBIERS.


RIBIERS

État ecclés.

La paroisse de Ribiers est sous le vocable de l'Assomption de Notre-Dame et date au moins du XIIe siècle. En 1516 et 1616 il n'y avait aucune chapelle fondée dans cette église; en 1708 nous y trouvons des chapelles de Saint-Joseph, Saint-Jacques, de Sainte Catherine des Saillasses, et une dernière, dont le titre n'est pas indiqué, fut fondée par Jean Bonnet en 1715; la famille du fondateur en conserva le juspatronat. Une chapelle de Saint-Norguis et une autre de Saint-Pansier existaient de temps immémorial dans cette paroisse; la deuxième, située sur les limites de Ribiers et de Bevons (Basses-Alpes) était le but d'un pèlerinage. En 1708 le clergé paroissial se composait d'un curé et d'un secondaire.

- En 1178 il existait dans le bourg et le château de Creyssint. aujourd'hui disparus et dont il sera question plus loin, une église sous le vocable de Notre-Dame; le pape la donna à l'abbaye de Saint-André-lès-Avignon. Cette église, peut-être paroissiale, disparut probablement, ainsi que le bourg et le château de Creyssint, au commencement du XVe siècle, et elle fut remplacée, vers 1765, par un succursaliste an village de Rougnouse. Dès 1241 il existait une chapelle de Saint-Étienne avec un chapelain dans le château de ce nom,

- Il existait deux prieurés dans la paroisse de Ribiers : le plus ancien, sous le titre de Notre-Dame du Serre, appartenait à l'ordre de Cluny. J'ignore l'époque précise de sa fondation, mais il existait déjà an XIIIe siècle; il fut uni, postérieurement au XIVe siècle, à l'abbaye de Saint-André-lès-Avignon. Le prieur de Notre-Dame du Serre était décimateur d'environ un tiers du territoire de Ribiers et la cure était à sa collation.
- Le second prieuré, sous le titre de Saint Etienne, se trouvait dans la partie de la paroisse la plus rapprochée de la ville de Sisteron (Basses Alpes) et appartenait au chapitre cathédral de cet évêché. Quoi qu'il n'en soit fait aucune mention dans le rôle des décimes de 1516, je crois que sa fondation était antérieure à cette date et avait pour origine une donation faite par le seigneur de Ribiers au chapitre de Sisteron et peu postérieure à l'année 1368. Ce seigneur ayant fait raser cette année-là le château-fort qu'il possédait à Saint-Étienne, donna probablement quelques terres environnantes et la chapelle du château, à ce chapitre, qui y fonda un prieuré. Les ruines de la chapelle de Saint-Étienne se voient encore aujourd'hui. Le prieur était décimateur du territoire qui l'avoisinait.
- De 1680 à 1708 un ermite obtint de l'évêque de Gap l'autorisation de se fixer dans la paroisse de Ribiers.
- Cette paroisse dépendait de l'archiprètré du Rosanais.
- Dans les dernières années du XIIe siècle ou les premières du XIIIe, une abbaye de l'ordre de Chalais fut fondée au lieu dit Clairecombe, près de Ribiers. Il est probable que les moines furent attirés par quelque libéralité de la famille de Mévouillon qui possédait alors la seigneurie de Ribiers. ils construisirent un mastère et une église sous le vocable de sainte Marie, reçurent en don des possessions assez vastes dans les environs et les dîmes d'une grande partie de la paroisse. La décadence de cette maison commence à Ollivier, son neuvième abbé, qui aliéna ou dissipa la plus grande partie de ses biens, malgré l'opposition de ses religieux. Peut-être même vendit-il l'abbaye elle-même aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, car la commanderie de Saint-Pierre-Avez en prit possession , sauf quelques parties qui revinrent au seigneur de Ribiers, quoique les religieux eussent protesté contre cette annexion en nommant, en 1282, un dernier abbé. Le titre d'abbé de Clairecombe ne fut pas éteint et un prêtre de l'ordre de Saint-Jean le porta jusqu'en 1789. Le nom des trois premiers abbés n'a pas été retrouvé, le quatrième se nommait W., 1234

  • - D., 1236
    - Jacques, 1241
    - Richaud, 1255-1256
    - Maizaccius, 1257
    - Olivier, 1268-1278
    - Raymond Ruffi, 1282.
  • Ordres hospitalier.

    - Dés le XIIe siècle, l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem possédait à Ribiers un hôpital et une chapelle de Saint-Jean; une autre chapelle de Saint Aubert en dépendait également. En 1282, cet ordre devint possesseur des biens et revenus de l'abbaye de Clairecombe; comme successeur de cette abbaye il était décimateur d'une grande partie de la paroisse. Ces possessions dépendaient de la commanderie de Saint-Pierre-Avez, unie au XVe siècle à celle de Joucas au Comtat. Le commandeur prêtait pour elles hommage au seigneur de Ribiers.

    Hôpitaux.

    - Outre l'hôpital de Saint-Jean dont je viens de parler, une maladrerie existait de temps immémorial à Ribiers, au quartier nommé aujourd'hui Saint-Roch. Elle n'était pas supprimée en 1708 mais n'avait alors aucun revenu.

    Administration et Justice.

    - Ribiers, comme presque toute la vallée du Buëch, fit partie jusqu'à la fin du XIVe siècle du bailliage de Sisteron, ou du moins le comte de Provence prétendit jusqu'à cette époque un droit de haute justice sur cette contrée. Ce n'est que peu à peu et par la force des choses qu'elle finit par ressortir exclusivement au bailliage de Gap et au parlement de Grenoble. Le seigneur de Ribiers avait une juridiction particulière qui s'exerçait à Gap, au XVIIe siècle, avec appel au vibailli de cette ville. Ribiers dépendait de la subdélégation et de l'élection de Gap.

    État féodal

    La terre de Ribiers fut érigée en comté, en 1711, en faveur de Cosme-Alphonse de Valbelle avec le mandement de la Val-de-Barret qui en était voisin. La seigneurie de Ribiers se composait de quatre châteaux dont les territoires sont soigneusement délimités dans les hommages prêtés par les seigneurs aux Dauphins. Le premier était celui de Ribiers dont le territoire longeait la rivière du Buëch. Le second était celui de Saint-Étienne (bastida santi stephani), limité par les territoires de Sisteron, Ribiers, Bevons (Beoncium) et Creyssint. Le troisième était celui de Creyssint (Castrum Creyssentis) limité par les territoires de Bevons, Eourres, Saint-Étienne et Château-Giraud. II avait été acquis en partie avant 1241 par Rambaud de Mévouillon de Bertrand et Guillaume de Villemur. Le dernier était celui de Château-Giraud. limité par les territoires de Creyssint, Ribiers, Saint-Pierre-Avez et Antonaves. Les châteaux de Creyssint et Château-Giraud ont disparu sans laisser aucune trace; celui de Saint-Étienne existe encore à l'état de ruines; Ribiers seul est un bourg habité.

  • Raymbaud de Mévouillon, 1120
    Rambaud-Cotta, 1150
    Guillaume, 1177
    Raymond, 1190
    Bertrand-Raymond et Bertrand, 1220-1262
    Raymond, fils du premier, meurt sans postérité et fait héritière Mabille Adhémar, sa femme, qui transmet cet héritage à sa soeur Éléonore, femme de Pierre de la Chaup, 1290
    Bertrand de Mévouillon-la-Chaup, leur fils, 1292- 1294
    Raymbaud, 1297-1307
    Pierre et Guillaume, ses fils, 1338
    Le premier eut pour fils Raymond qui fit héritier Pierre-Baudon de Grolée, 1370-1421
    Pierre de Grolée-Mévouillon, son fils, 1425
    Aymar, 1466
    Guillaume de Mévouillon-la-Chaup, nommé ci-dessus, eut pour fils Louis et Guillaume (1356-1414) le dernier eut deux fils nommés Guillaume et Louis (1415). Ce dernier donna son héritage à Pierre de Grolée-Mévouillon, son oncle, nommé ci-dessus, 1425
    Aymar, 1466
    Antoine de Grolée-Mévouillon, fils du précédent, fut seigneur de tout Ribiers, 1495-1528
    Aymar, 1535-1564
    Laurent, 1590
    Aymar, 1590-1635
    Louis, 1635
    Catherine, sa cousine, en hérite; elle épouse Rostaing de la Beaume-Suze, 1641
    Louis-Jean-François, leur fils, 1669
    Léon de Valbelle-Rians achète Ribiers et la Val-de-Barret pour 213,000 livres le 9 septembre 1681
    Cosme-Alphonse, son fils, meurt sans postérité; Léon d'Armand est son héritier, du chef de sa femme Marguerite, fille de Marguerite de Valbelle, 1732
    Marianne-Thérèse de Félix en hérite; elle épouse Charles-Marie de Créqui, 1751-1789.
  • [Retour]
  • Dragonet de Montauban, 1200-1214
    Raymond, son fils, 1214-1220
    Dragonet, 1228-1242
    Dragonet, 1276
    Randonne, sa fille, épouse de Raymond-Geoffroy de Castellane, 1276-1284
    Roncelin de Lunel, son héritier, 1291-1294
    Hugues-Adhémar, oncle du précédent, en hérite et vend sa part au Dauphin, 1294-1307.
  • - Cette coseigneurie s'étendait sur la moitié de Ribiers.

  • Parceval, son fils, 1250
    Jordan, 1280-1298
    Jordan, 1309-1329
    Bérengère, sa fille, épouse de Jordannenc Rivière, 1370
    Louis de la Piarre, 1404
    Antoine, 1480-1500
    Isabeau, sa fille, épouse d'Antoine de Grolée-Mévouillon, seigneur majeur de Ribiers, 1530
  • Industrie et Commerce.

    1617, janvier, Louis XIII crée quatre foires à Ribiers:

  • le jour de la confession de Saint-Paul (18 janvier),
    le mardi après l'octave de Pâques,
    le jour de la Visitation (2 juillet)
    et celui de la Toussaint (1er novembre);
  • plus un marché chaque jeudi

    Histoire.

    - 1292, frère Dominique, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, est assassiné à Riblera sans que les auteurs de ce crime puissent être connus. 1368, décembre, les habitants de Sisteron craignant de voir le château de Saint-Étienne saisi par une bande de routiers qui parcourait le pays, le détruisent de fond en comble avec l'autorisation du seigneur de Ribiers.

    Biographie.

    - Mévouillon (Guillaume de), fils de Guillaume de Mévouillon-la-Chaup seigneur de Ribiers, de la Val-de-Barret, de Saléon, etc., seigneur lui-même d'une partie de ces terres, fut capitaine d'une compagnie (1415-1420), sénéchal de Beaucaire (1425-1426); il avait épousé une princesse de la maison de Carrara et mourut probablement sans postérité, laissant la réputation d'un très brave capitaine.

    Bibliographie

    - ALBANÉS (abbé). Notre-Dame de Clairecombe, abbaye chalaisienne au diocèse de Gap (Bulletin d'histoire ecclésiastique du diocèse de Valence, 1882, n° 1).
    - ALLARD (abbé).

  • - Extrait d'une étude sur Ribiers (Annales du Laus, 1877, p. 54)
    Notice sur Ribiers (Bulletin de la société d'études des Hautes-Alpes, 1883, nos1 et 2).
    - Une paroisse avant la Révolution (Annales du Laus, 1882, p. 156).
  • - ROMAN (J.). Note sur l'abbaye de Clairecombe, au diocèse de Gap (Bulletin d'histoire ecclésiastique du diocèse de Valence, 1881, n° 3).