
TABLEAU HISTORIQUE DES HAUTES-ALPES
MANDEMENT DE SIGOYER.
SIGOYER
État ecclésial:
La paroisse de Sigoyer était sous le vocable de
saint Pierre-aux-Liens, En 1516, il y avait dans cette église
une chapelle de Sainte-Marie-Madeleine-de-Bramafam. En 1616 nous en
trouvons une seconde de Saint-Jacques; en 1708 elle était
tombée en ruines, mais en revanche on avait fondé des
chapelles de Notre-Dame-de-Consolation, rapportant 60 livres; de
Sainte-Catherine, des Onze mille Vierges, de Saint-Martin, de
Saint-Hippolyte, de l'Annonciation, de Saint-Sébastien et de
Saint-Antoine-de-Padoue; une nouvelle chapelle de Saint-Jacques avait
été réédifiée en 1770.
L'église paroissiale fut démolie pendant les guerres de
religion. Il existait à Sigoyer deux prieurés: l'un, sous
le titre de Saint-Laurent, dépendait de l'abbaye de
Saint-Michel-de-la-Cluse, règle de Saint-Benoit ; l'autre,
situé au hameau d'Aups, était sous le titre
de Saint-Martin et dépendait de la prévôté
de Chardavon, près de Sisteron, règle de Saint-Augustin.
Le prieur de Saint-Laurent percevait la moitié des dîmes
de la paroisse, l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et le
chapitre de Saint-Arnoul chacun un quart. Sigoyer faisait partie de
l'archiprêtré du Gapençais.
Ordres hospitalier:
En 1288, l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem
était propriétaire de la moitié de la seigneurie
de Sigoyer qui lui avait été donnée environ un
siècle auparavant par le comte de Forcalquier ; le 23 octobre
1297, le grand maître transige avec Humbert Ier,
dauphin, et consent à lui prêter hommage et à lui
fournir un cavalier armé pour cette seigneurie. Le 16 mai 1311,
l'ordre de Saint-Antoine-en-Viennois céda à celui de
Saint-Jean quelques droits qu'il possédait à Sigoyer,
dépendants de la maison de l'Aumône de Tallard. En 1667,
l'ordre de Saint-Jean ne possédait plus rien à Sigoyer.
Administration et Justice:
Sigoyer dépendait de l'élection et de la
subdélégation de Gap ; le seigneur avait une juridiction
particulière, s'exerçant au XVIIe
siècle dans cette ville avec appel au vibailliage ; cette
juridiction était double pour les deux coseigneuries de Sigoyer
et du Villard-Sigoyer.
État féodal:
Il y avait trois fiefs à Sigoyer:
1er
Sigoyer,
- Guillaume
- Arnoul ou Arnulphi, 1100
- Arnoul, 1184-1202
- Giraud, 1250
- Giraud, Rostang et Albert, 1257-1274
- Arnaud et Boniface, fils de Giraud, 1290-1301
- Eudes, Guillaume, Reymond et Armand, 1308-1324
- Étendart, fils d'Armand, Amédée,
fils de Guillaume, 1327-1329
- Pierre et Amédée, fils
d'Amédée, 1360
- Pierre qui teste en 1366, partageant ses biens entre
Montarcine, sa nièce, Louis de Bardonnèche, son neveu, et
Louis de Moustiers ; il avait acquis la plus grande partie de ses biens
de Ferrand de Villosc et de sa nièce Albarona
-Montarcine Arnulphi, fille d'Amédée,
épouse de Jacques de Montorcier, qui testa en 1382
- Georges, leur fils, seigneur des trois quarts de
Sigoyer, teste en 1431
- Jean teste en 1451
- Étienne (1501), acquiert pour 100 écus
d'or une part de Gaspard Gruel qui, lui-même, l'avait acquise de
Justet de Bardonnèche, en 1509; il teste en 1551. Sa femme,
Louise de Rame, et sa soeur Florette, sont ses héritières
; Louise de Rame fait héritier Soffrey de Rame, qui vend sa part
à Florette de Montorcier, femme de Charles Gras, en 1551
- Pierre Gras, leur fils, 1556
- Claude, 1557
- Melchionne, sa fille, épouse de Jacques Gruel,
1580-1631
- Claude Gruel, teste en 1631
- Charles, 1631-1644
- Benoit Amat achète, par expropriation, en 1613,
teste
en 1673
- Jacques, son fils, 1673-1681
- Jacques de Guers, achète, 1681-1686
- Frédéric d'Aiguebelle, son neveu, en
hérite, 1686-1687
- Étienne Gruel, achète, 1687, teste en 1698
- Jacques, 1698-1715
- Étienne, 1715-1760
- Jean-Jacques, 1760-1789
- Le Villard-Sigoyer :
Ce fief fut vendu par le Dauphin à Léonard et
Barthélemy de Amorosio (de Morose), vers 1337
- Sybille,
fille de Barthélemy, le vend en 1380 à Justet de
Bardonnèche, 1400
- Pierre, 1440-1458
- Jean, 1463-1473
- Antoine de Bermond, qui teste en 1519
- Louis de Bermond, fait héritières Jeanne
de Montorcier, sa femme, et Florette, sa fille, 1550
- Jeanne de Montorcier porte sa part aux seigneur de la
précédente coseigneurie; Florette de Bermond
épouse Jean de Castellane, 1550
- Élion, leur fils, 1580
- François, 1586-1600
- Claude, 1616
- Jean-Baptiste, 1661-1668
- N... de Chaix, 1774
- N... de Barthéleiny, 1789
- Céas
Petit arrière fief ; voici les noms de quelques-uns de ses
possesseurs :
- Armand Athenulphi, 1308-1324
- Étendart, son fils, 1327-1329
- Guillaume Auger, 1337
- Guillaume, son fi1s, 1344
- Georges. 1399-1460
- Alix de Saporis, sa veuve, se remarie à Jean
Gaste, qui aliène ce fief en faveur des autres coseigneurs.
- Nous avons vu, que du XIIe siècle jusqu'à la
fin du XIVe, l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem avait
été seigneur de la moitié de Sigoyer; cette part
de seigneurie fut aliénée vers cette époque, en
faveur des autres seigneurs de Sigoyer.
Histoire:
- 1347, les habitants profitent de l'état de
guerre qui règne entre l'évêque de Gap et le
vicomte de Tallard, pour ravager les terres de ce dernier ; le Dauphin
le leur interdit le 10 janvier 1348
- 1514, 21 février, les protestants s'emparent de Sigoyer
- 1581, 21 janvier, Lesdiguières s'en empare une seconde fois
- 1692, août, Sigoyer est brûlé par les coureurs de
l'armée du duc de Savoie.
Biographie:
- SICARD (Jean), notaire, à la fin du XIVe
siècle, devint secrétaire et homme d'affaires de Louis
d'Orléans-Valois, il rédigea, en cette qualité,
divers actes dans les possessions italiennes de ce prince, notamment
dans la ville d'Asti.
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