
La paroisse de Ventavon est connue depuis le XIIe siècle
sous le vocable de saint Lament. Au XIIIe, il existait dans cette
paroisse deux anciennes chapelles de Saint-Martin (1302) et de Saint-Maion
(1370); en 1516, il y avait deux chapelles de Notre-Dame de Pitié et de
Saint-Jean; en 1708, outre ces deux chapelles, il en existait trois autres de
Notre-Dame du Château, de Saint-Joseph et de Bardonnèche, cette dernière fondée
par Georges et Gay de Bardonnèche. Le clergé paroissial se composait, à la même
époque, d’un curé et d’un secondaire. Il y avait deux prieurés dans le
territoire de Ventavon celui de Saint-Laurent de Ventavon qui appartenait à la
prévôté de Chardavon, prés Sisteron, règle de saint Augustin; celui de
Saint-Pierre de Beaujeu fondé par Waldemar et Agnès, sa femme, entre octobre
1022 et octobre 1023, et donné par eux â l’abbaye de Cluny. IL fut uni ensuite
à l’abbaye de Ganagobie, au diocèse de Sisteron. Les dîmes de Ventavon se
partageaient entre ces deux prieurés.
- Le 7 octobre 1198, Chauza, dame de Ventavon, donna aux Chartreusines de
Berthaud (voyez à Rabou), une ferme qu’elle possédait dans cette paroisse en
1220 et 1250, les seigneurs de Ventavon renouvelèrent et augmentèrent cette
libéralité. Cette maison était sous la protection du comte de Provence. Les
Chartreusines y établirent un petit monastère et une exploitation rurale
qu’elles conservèrent jusqu’en 1600, époque où leurs biens furent donnés aux
chartreux de Durbon, après la suppression de leur maison. Les Chartreux
possédèrent jusqu’en 1789 cette propriété, qui avait pris le nom de Berthaud.
- En 1745, une confrérie de pénitents blancs du Saint- Esprit fut fondée
à Ventavon.
- Cette paroisse était de
l’archiprêtré du Gapençais.
L’ordre de Saint-Jean de Jérusalem avait, au XVe siècle, quelques possessions à Ventavon; elles dépendaient de la commanderie de Gap et un écart en a conservé le nom du Commandore. En 1667, l’ordre ne possédait plus rien à Ventavon.
Un hôpital dont l’époque de la fondation n’est pas connue existait encore à Ventavon eu 1708; il ne jouissait plus alors d’aucun revenu.
Une église protestante fut créée à Ventavon au commencement du XVIIe siècle; le temple fut démoli en vertu d’un arrêt du conseil du roi du 5 janvier 1682.
Le seigneur de Ventavon possédait une juridiction particulière s’exerçant à Gap avec appel au vibailli de cette ville. Ventavon faisait partie de l’élection et de la subdélégation de Gap.
Aussi loin que l’on peut remonter
dans le passé, on trouve en possession de la seigneurie de Ventavon trois
familles étroitement alliées, les Moustiers, les Agoult et les Oraison. Il est
probable que ces trois familles avaient une commune origine et n’en faisaient
qu’une en réalité, car des frères portent indifféremment le nom d’Agoult ou
d’Oraison. Voici la descendance de la famille de Moustiers qui a fini par
rester seule à la tête de ce fief:
Dans le territoire de Ventavon existait, en outre, le fief de Beaujeu qui eut des seigneurs
particuliers et forma deux coseigneuries :
1786, concessions des mines qui pouvaient exister à Ventavon à MM. Ducros et Cie.
1581, janvier, prise de Ventavon
par Lesdiguières.
1587, janvier, Gouvernet attaque
l’arrière-garde de la Valette qui défilait sous Ventavon et lui tue vingt
cavaliers.
MOUSTIERS (Balthazard DE), sieur
de Gargas, fils de Henri, seigneur de Ventavon, fut l’un des plus vaillants
capitaines catholiques de notre contrée, devint gouverneur de Tallard
(1562.1563), perdit le 8 mai 1573 la bataille de la Bâtie-Mont-Saléon contre
Montbrun et Lesdiguières et mourut vers 1585 après avoir pris part à une foule
de combats et sans laisser de postérité.
MOUSTIE (Jean DE), sieur de Saint-Martin,
neveu du précédent. Il embrassa tour à tour le protestantisme et le
catholicisme suivant ses intérêts. Au mois d’avril 1587, il tua traîtreusement
la Marcousse, gouverneur de Tallard, d’un coup d’arquebuse. Après les guerres
de religion, ne se croyant pas récompensé suivant ses mérites, il conspira avec
le duc de Savoie et promit de lui livrer quelques places fortes du
Bas-Gapençais. Ses projets furent révélés à Lesdiguières et il fut saisi et
décapité en 1506. Sa femme, Marguerite de Bosse, fut appliquée à la question,
ses trois fils et ses deux gendres bannis du royaume.
ALLARD (abbé). Notice sur le village, le château et les anciens seigneurs de Ventavon. Marseille, Olive, 1877, in.12.