TABLEAU HISTORIQUE DES HAUTES-ALPES



- Administration et Justice:

- A l'époque romaine, Gap était une station de la voie de la frontière italienne à Arles, et portait le titre de civitas. De 1045 à 1090, les vicomtes de Gap, administrateurs du Gapençais et de l'Embrunais au nom du comte de Provence, y firent leur résidence.
Son organisation administrative, au XIIe siècle, est mal connue; le comte de Forcalquier était représenté par un magistrat dont on ignore le titre et les attributions. En 1044 Guillaume Bertrand, comte de Provence, reconnut à Rodolphe, évêque de Gap, un droit absolu de justice sur le territoire de cette ville, ne se réservant qu'un droit supérieur et illusoire pour lequel il touchait encore, en 1231, une somme d'argent annuelle.
Au XIIIe siècle, l'évêque, maître à peu près absolu de la ville, sous la suzeraineté du comte de Forcalquier, avait deux officiaux pour les causes ecclésiastiques, un juge de première instance et un juge d'appel pour les causes ordinaires, un courrier ou juge de police, un clavaire ou trésorier, et instituait des procureurs et des notaires.


Voici la liste des juges épiscopaux de Gap :

- Giraud Bonfils, 1245
- Pierre de Miravail, 1249
- Reynaud Rancurel, 1250
- Rambaud Morelli, 1250
- Giraud Bonfils, 1251
- Guillaume Chaix, 1251
- Guillaume Gralla, 1252
- Hugues de Saint-Marcel, 1254-1255
- Nicolas, 1257
- Bertrand Maceya, 1257-1258
- Raybaud Morelli, 1265
- Laugier Malisanguinis, 1251-1268
- Jacques de Ravenne, 1268-1278
- Hugues Radulphi, 1281
- Bertrand Sassini, 1293
- Laurent Briconean, 1297
- Guillaume de la Fare, 1298
- Jean de Comitibus, 1302-1305
- Étienne, 1309
- Raoul de la Fare, 1310-1312
- Humbert de Faramans, 1315
- Jean Imbert, 1321
- Reforciat de la Piarre, 1332
- Guillaume d'Auriac, 1345

- Raymbaud de Visans, 1361
- Étienne Reboul, 1370
- Lantelme Aymeri, 1389
- Jean Féraud, 1392
- Arnaud Baron, 1393-1395
- Raoul de la Fare, 1395-1403
- Arnaud Baron, 1404-1407
- Justet Menze, 1410
- Raphaël Gentil, 1411
- Grégoire Meynier, 1425
- Geoffroy Menze, 1426
- Joseph Rual, 1438
- Elzéard Artaud, 1484-1497
- Jacques Arnaud, 1498
- Pierre Mutonis, 1513-1514
- Raoul Arnaud, 1521
- André Gobaud, 1528
- Bertrand Martinel, 1531
- Louis Rivail, 1532
- Guillaume Raymond, 1538
- Olivier Textor, 1539
- Isnard Gautier, 1540
- Olivier Textor, 1515
- Firmin Rochas, 1546

- Gaspard Gautier, 1552-1553
- Roux Arnaud, 1553
- Gaspard Buysson, 1553
- N. Rostaing, 1555
- N. de Poligny, 1557
- Casimir Buysson, 1558
- Eynard Gautier, 1561
- Paul Davin, 1562-1576
- Aynard Davin, 1579-1583
- Gaspard Gautier, 1589-1591
- Antoine Buysson, 1592
- Guillaume Gautier, 1593-1595
- Antoine Buysson, 1601
- Jacques Le Gay, 1633-1636
- Étienne Rolland, 1640-1662
- François de Ricou, 1670
- Jean Gautier, 1677
- Jean-Baptiste Gervasy, 1677-1680
- Jean Masseron, 1685
- Étienne Brutinel, 1688
- Jean Masseron, 1691
- Jean-Mathieu Tournu, 1718-1727
- Jacques Clerc de la Bâtie, 1760
- Pierre de la Font, 1775-1789.
- Jusqu'au milieu du XIIIe siècle le Dauphin n'eut rien à prétendre dans la juridiction de Gap ; le 4 juillet 1262 l'évêque obtient que ce prince lui revende une part de juridiction qu'il avait acquise.
Le 11 décembre 1971 le Dauphin achète aux consuls de Gap leur juridiction de police.
Le 5 septembre 1300, la justice est rendue, au nom du Dauphin et de l'évêque, par un juge commun.
En 1304 le Dauphin tente d'établir à Gap un juge d'appel, mais en est empêché par le comte de Provence, sur les plaintes de l'évêque; le 2 octobre 1334, il proteste contre les agissements du sénéchal de Provence, qui se permet de faire juger à Sisteron les procès entre les habitants du Gapençais; en 1336 l'évêque et le Dauphin promettent de se rendre mutuellement les criminels qui se réfugieront dans leurs domaines respectifs; en 1337 le dernier essaye d'attirer les citoyens de Gap au conseil delphinal de Grenoble, mais l'évêque s'y oppose. Peu à peu, cependant, par la force des choses, les tribunaux delphinaux étendent leur juridiction; le 7 février 1353 l'évêque autorise le Dauphin à établir un juge à Gap.
Enfin, le 11 février 1512, la juridiction d'appel de l'évêque était supprimée, le vibailliage delphinal établi dans Gap, et les appels du juge épiscopal devaient lui être déférés.
A partir de cette époque, le juge épiscopal prit le nom de juge des châteaux épiscopaux, et sa compétence ne s'étendit plus que sur de menus délits et des procès sans importance, les justiciables étant toujours libres de porter leurs causes au vibailliage plutôt qu'au juge épiscopal.

- Le chapitre de Saint-Arnoul avait également une juridiction dans Gap; en 1293 et 1339 son magistrat portait le titre de judex capituli, et tenait des assises assisté de jurés. En 1789 le chapitre ne possédait plus qu'un juge de première instance pour le hameau des Méyères, dont il était seigneur.
- Quelques seigneurs particuliers avaient eu une juridiction dans Gap ;
- Rolland de Mantéyer vendit la sienne an Dauphin, le 4 avril 1260, pour 30,000 sous viennois; elle consistait dans la moitié de la juridiction de police. Le Dauphin la revendit à l'évêque le 4 juillet 1262.
- Le 27 avril 1306, Rostaing Blanc faisait hommage au Dauphin pour une part de juridiction de la ville de Gap.
- Les citoyens de Gap avaient joui de libertés municipales fort étendues; elles leur furent confirmées, le 5 août l240, par Gautier, vicaire impérial. Ils pouvaient s'assembler, s'imposer, s'armer suivant leur volonté; ils gardaient les clefs de leur ville, et l'évêque était obligé, avant de prendre possession de son siège, de jurer qu'il respecterait leurs franchises. Ils possédaient une juridiction de police, des moulins, des fours banaux, des montagnes et les seigneuries de Montalquier et de Furmeyer. Les consuls étaient librement élus et au nombre de cinq; au XIVe siècle, un noble et un chanoine faisaient partie de droit dit consulat. Gap perdit sa juridiction, la plupart de ses propriétés et de ses privilèges au milieu des luttes à main armée que ses citoyens soutinrent, dans la seconde moitié du XIIIe siècle, contre leurs évêques et les Dauphins. Après de nombreuses alternatives de paix et de guerre, une transaction du 7 mai 1378, suivie d'une autre du 15 mai 1383, règle d'une manière définitive les droits réciproques de l'évêque et des citoyens de Gap.

- En 1300 la ville de Gap comptait 1,305 feux, sans compter les religieux et les ecclésiastiques, et devait au Dauphin cent hommes armés, chaque année, pendant un mois ; en 1725 il n'avait que 4,670 habillants.
- Quoique Gap ne fût pas une place forte, il eut des gouverneurs à partir du XVIe siècle; de 1588 à 1633, nue forteresse construite par Lesdiguières sur le coteau voisin de Puymaure lui donna une certaine importance militaire; elle fut détruite, en 1633, par ordre de Richelieu.


Voici la liste des gouverneurs de Gap :

- Pierre de Rame, 1500
- Anselme de la Tour de Vinay, 1561
- Claude de Gruel de Laborel, 1562-1563
- Antoine du Serre, 1564
- Anselme de la Tout de Vinay, 1567
- Albert de Rousset, 1568-1573
- Claude de Gruel de Laborel, 1573-1574
- Balthazard de Combourcier du Monêtier, 1574-1576
- Albert Martin de Champoléon, 1577-1581
- Gaspard de la Poype Saint-Jullin, 1581-1584

- Étienne de Bonne d'Auriac, 1585
- N. de Loupiac de Tajan, 1586
- Gaspard de la Poype Saint-Jullin, 1587-1588
- Jacques de Poligny, 1589-1592
- Gaspard de Montauban du villard, 1593-1618
- Joseph de Montauban du Villard, 1618-1640
- Charles de Gruel du Saix, 1649-1670
- Étienne de Gruel de Villebois, 1670-1698
- Jacques de Gruel du Saix, 1698-1715
- Félicien de Boffin d'Argençon, 1716-1738
- Noël-Félicien de Boffin de Pusiqueu, 1760-1789


Voici la liste des sergents-majors correspondants :

- Claude du Puy, 1577
- Jacques de Gril, 1590-1616
- Claude Amat de Costegiraud, 1636-1647
- André Amat du Vivier, 1650-1666
- Claude Ami de Consonantes, 1666
- Claude de l'Ange, 1680

- Charles de Renard d'Avançon, 1692-1700
- Joseph Barban de Pragastaud, 1720
- N. de la Viorne, 1737
- Balthazard du Suau-la-Croix, 1737-1759
- Balthazard du Suau-la-Croix, fils du précédent, 1759-1789.

En, 1598 il y avait à Gap une garnison de 21 hommes, payés 130 livres par mois, et dans le fort de Puymaure 60 hommes, coûtant par mois 247 livres. En 1635 Puymaure était démoli et il n'y avait plus de garnison dans la Ville.
- Gap devint au XVIIe siècle le siège d'une élection et d'une subdélégation dépendantes de l'intendance et de la généralité de Grenoble.