TABLEAU HISTORIQUE DES HAUTES-ALPES

EMBRUN:

Administration et Justice:

-Embrun, à l’époque romaine, était une station de la voie de la frontière italienne à Arles ; il devint, après Dioclétien, la capitale de la province des Alpes-Maritimes. Au moyen-àge Embrun fut la résidence du bailli de l’Embrunais, puis du vibailli qui lui succéda en 1447. Il était le siège d’une importante châtellenie.

  • Le juge du palais delphinal, existait dès 1234, et connaissait des procès pendants entre les sujets du Dauphin de tout l’Embrunais; ses attributions furent fort augmentées par une transaction du 1er février 1248 par laquelle les habitants d’Embrun l’autorisaient à juger un criminel dans l’enceinte de leur ville. Ce magistrat disparut lors de la création du vibailliage qui absorba sa juridiction ; mais, pendant plus de cinquante ans après la suppression du juge delphinal, le vibailli joignit à son titre celui de juge du palais delphinal;

    Le juge archiépiscopal, nommé ensuite juge des  châteaux épiscopaux. Pendant presque tout le moyen âge il fut confondu avec l’officialité archiépiscopale ; il existait encore en 1789, mais n’était plus qu’un juge inférieur dont les sentences pouvaient être déférées au vibailli en appel;

    La Cour commune, à laquelle ressortissaient les procès des terres et hommes communs entre l’archevêque et le Dauphin. Ce tribunal fut définitivement organisé en vertu d’une sentence arbitrale du 2 juin 1247, prononcée par Robert, évêque de Gap et Gratepailli de Clérieu. Il se composait de deux juges : l’un delphinal,  siégeant dans les années impaires; l’autre épiscopal,  siégeant dans les années paires. Telle était du moins la dernière forme de ce tribunal. A partir de la création du vibailliage, le juge delphinal fut remplacé par le vibailli. L’appel était porté directement au parlement de Grenoble, l’archevèque avait eu au moyen-âge un juge d’appel, mais il fut contraint de le supprimer et de reconnaître la juridiction du Parlement avant 1530
  • On a pu lire la liste des juges majeurs d’Embrun à l’article consacré au bailliage de L’Embrunais;


    Étienne Lombard 1210
    Pierre Durand,
    1297
    Jean Eégurin,
    1301
    Pierre Étienne,
    1321
    Guillaume de Fabrica,
    1326
    Pierre Gautier,
    1351
    Claude Albert,
    1440-1500
    Michel Savines,
    1520
    Guillaume Raymond,
    1544
    Honoré Gontier de l’Ange,
    1567-1581
    Jean Gontier de l’Ange,
    1599
    Jean-Baptiste Gontier de l’Ange,
    1648-1669
    Jean Delmas de Réotier,
    1671
    Jacques Vial
    1692-1711
    Jean-Baptiste Delmas de Réotier,
    1715
    François Cressy
    1750
    Joseph Allard
    1765
    Pierre Roux-la-Mazelière
    1783-1788



    Pierre Amalvini 1268
    Jacques de Ravenne
    1272
    Bienvenu de Pavie
    1276
    Bienvenu de Campeis (peut-être le même que le précédent)
    1278-1280
    Obert du Caire
    1282
    Guillaume Girard du Sauze
    1285-1287
    Jacques Rosset
    1288
    Richard de Rivaltella
    1290
    Marchon Baile
    1293
    Hugues Bochard
    1297-1306
    Pierre Radulphi
    1307
    Guy du Caire
    1310-1312
    Hugues Bochard
    1312
    Étienne de Roux
    1317
    Pierre Ribe
    1320
    Guillaume de Brens,
    1323-1324
    Hugues Bochard
    1325
    Guillaume de Brens
    1326
    Guillaume Falavel
    1327
    Jacques Valentin
    1330
    Hugues Chabassol
    1334
    Pierre Caire
    1336-1337
    Jean Taxil
    1339-1343
    Guillaume de Galghuaco
    1345
    Rolland de Veynes
    1348
    Jean de Aygaterie
    1346
    Jacques de Roux
    1366
    Jean Bamcheriis
    1371
    Étienne Allemand
    1373
    Pierre Raynaud
    1374
    Jean de Ruo
    1379
    Pierre Raynaud
    1374
    Jean Pinelli
    1390
    Jean Bonnet
    1392
    Pierre Étienne
    1402-1403
    Jean Sauret
    1405
    Humbert Royer
    1415
    Pierre Marc
    1417
    Barthélemy Garnirer
    1430
    Claude Tholosan
    1426-1427
    Michel Raynaud
    1430
    Antoine Bochard
    1432
    Claude Perron
    1442
    Guillaume Emé
    1444-1446
    Antoine Bochard
    1447
    Moudon d’Aymonet
    1454
    Jean d’Aymonet
    1465-1477
    Hugonet Emé
    1486

    -Embrun dépendait de la généralité et de l’intendance de Grenoble et de l’élection de Gap ; un subdélégué y faisait sa résidence
    -En sa qualité de place forte, Embrun ne tarda pas à avoir un gouverneur;


    Talabart de Vesc 1475
    Pierre Claret
    1480
    Bertrand Emé
    1541
    Aynard de Clermond-Chaste
    1545
    Jean Armuet de Bonrepos
    1567
    Louis Armuet de Bonrepos
    1570-1579
    Antoine de Rame
    1579
    Jean de Bourrelon de Mures
    1581
    Aynard de Clermont-Gessans
    1581-1585
    Gaspard de Bonne-Prabaud
    1585-1593
    Charles Martin de Champoléon
    1593-1610
    Annibal-Alexandre de Burcio
    1615
    Jean de Bonne de Vitrolles
    1615-1626
    Jacques de l’Olivier de Bonne
    1626-1635
    François de l’Olivier de Bonne
    1635-1670
    Pierre Martin de Champoléon
    1671-1684
    Jean-Baptiste de la Font de Savines
    1684-1687
    Antoine de la Font de Savines
    1687-1743
    Antoine-Victor de la Font de Savines
    1743-1789


    Gaspard du Serre 1620
    Joseph de l’Olivier de Bonne-Rochefort
    1635-1636
    François de l’Olivier de Bonne de Vitrolles,
    1675
    Louis Berger
    1692
    François de Sigoin
    1789

    -L’État major d’Embrun se composait d’un gouverneur, d’un lieutenant du roi et d’un aide-major. La garnison était, en 1598, de 51 hommes qui coûtaient 233 livres par mois ; en 1635 une citadelle ayant été construite par ordre du duc de Mayenne sur l’emplacement du palais delphinal, on y établit un gouverneur particulier ; il fut supprimé en même temps que cette citadelle, c’est-à-dire en 1633

    -Jusqu’au milieu du XIIIe siècle, Embrun avait eu des libertés municipales assez étendues, qui lui avaient été confirmées à la fin du XIIe siècle par Guillaume, comte de Forcalquier; il en fut dépouillé presque entièrement par un traité du 20 août 1258, consenti par les citoyens après une révolte contre leur archevêque qui dura plus de cinq ans.
    A la suite de cet événement la ville d’Embrun perdit sa juridiction consulaire, le droit au sceau, et ses habitants se reconnurent hommes-ligne de l’archevêque et du Dauphin. Les affaires communales se traitaient suivant leur importance, soit dans le conseil général ou réunion de tous les pères de famille, soit dans le conseil particulier ou assemblée de vingt notables élus pour un an.
    Les consuls étaient au nombre de cinq, dont un ecclésiastique et un noble. Tous les Embrunais étaient égaux devant l’impôt, sauf les ecclésiastiques; les nobles avaient consenti à cette égalité par un acte du 18 mars 1237, sauf en ce qui concernait les prestations matérielles, qui leur étaient épargnées.
    A l’époque de sa plus grande prospérité municipale Embrun avait contracté des alliances  défensives avec les communautés voisines de Pontis (1210), de Savines (1235) et des Puys (1381)