Le Livre de notre Famille


Patrick Cheylan


   

    Jean Joseph Florimond

(mon arrière-grand-père).


Né le 26 janvier 1807, à Embrun, fils d'un petit propriétaire cultivateur Laurent Cheylan et de sa femme Marianne Gaillaud.

Très jeune il quitta la maison familiale, placé de ferme en ferme comme berger son périple se termina à Lyon vers 1816.

A Lyon, en 1816, bon nombre de tisserands en façonnés ne possédaient qu'un seul métier, malgré les progrès du métier Jacquard inventé en 1793. N'ayant pu moderniser cet outil de travail ils tissaient les étoffes sur le métier dit « à la tire », nécessitant l'emploi d'une personne pour tirer les lacs.

Les lacs qui faisaient mouvoir la mécanique pour effectuer les dessins. Ce travail quoique très pénible, était souvent accompli par un gosse.

Pour survivre Florimond s'embauche dans un des nombreux ateliers du quartier de la Croix rousse à Lyon, comme tireur de lacs, il n'a pas dix ans.

Jean Joseph Florimond passa sa vie sur les pentes de la Croix rousse Sur son acte de décès il est noté profession : ouvrier en soie.

Il avait épousé à une date que j'ignore une fabricante d'étoffe Jeanne Etienne Reverchon née à Eaux Vive, dans la banlieue de Genève, en Suisse, le 18 août 1808. Fille de Jacques Reverchon, salpêtreux et de Jeanne Bonavanture-Baudoin.

Le ménage n'eut qu'un enfant, à ma connaissance, Jean Cheylan.

Nous ne saurons jamais si nos arrières grands-parents prirent part aux émeutes de la misère qui éclatèrent à la Croix Rousse, du 20 au 22 novembre 1831, où les ouvriers en soie ; les « Canuts et les Canuses » descendirent vers la ville, avec leur drapeau noir qui portait la devise dramatique : « Vivre en travaillant, ou mourir en combattant. »

De leur vivant d'autres émeutes éclatèrent à la Croix Rousse, celle d'avril 1834 causa plus de deux cents victimes; les ouvriers de la Croix Rousse prirent aussi part à la Révolution de 1848.

La vie était très dure en ce temps là :

Dès six heures du matin et jusqu'aux heures avancées de la nuit, éclairé de sa petite lampe à huile, le « Chelu », dans le bruit du métier : « Bistanclaque pan!  Bistanclaque pan! » le canut trimait pour un salaire de misère. Il vivait avec sa famille dans son atelier, couchant dans la soupente au dessus de l'alcôve au fond de l'atelier.

Jean Joseph Florimond Cheylan s'est éteint le 24 février 1853, il n'était âgé que de quarante-six ans.

Son épouse Jeanne Etienne (Etiennette) Reverchon est décédée le 25 août 1855, âgée de seulement quarante-sept ans.

Ils n'ont pas fini leurs jours à la Croix Rousse, Florimond est décédé dans le cinquième arrondissement de Lyon (les quartiers sur la droite de la Saône), et Jeanne dans le deuxième arrondissement (la presqu'île). Ils sont peut-être morts dans les hôpitaux Lyonnais : Antiquaille dans le cinquième, et Hôtel-dieu ou Charité dans le deuxième arrondissement.


(Suite page III)

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