TABLEAU HISTORIQUE DES HAUTES-ALPES
MANDEMENT DES CROTTES

Les limites de la commune actuelle des Crottes ne sont pas celles de l’ancien mandement; un petit mandement, celui de MONTMIRAIL, dont il sera question plus loin, a été partagé entre cette communauté et celle de Savines au XVe siècle.

LES CROTTES. (renommée CROTS le 29 décembre 1970)

État ecclésial:

La paroisse des Crottes sous le vocable de saint Laurent, existait déjà au XIIe siècle. En 1458 il y avait dans cette paroisse une chapelle de la Trinité, dont l’archevêque d’Embrun avait le juspatronat, une chapelle de NotreDame, des chapelles fondées par Hugues Baile, Jacques Michalon, Pierre Garcin et une dernière de Notre-Dame-de-la-Perrotine, dont la famille de Naveisse avait le juspatronat au XVIIIe siècle.
En 1489 nous trouvons, en outre, une chapelle de Saint-Firmin.
En 1516, outre les précédentes, il en existait deux autres dédiées à saint Jean et à saint Antoine.
En 1625 un nommé Jacques Morel fonda une chapelle de Sainte-Luce.
En 1644 nous constatons la fondation de deux nouvelles chapelles de Sainte-Catherine et Sainte Croix.
En 1658 un apothicaire d’Avignon, originaire des Crottes et nommé Claude Morel, fonda la chapelle de Notre-Dame-de-Bon-Repos, au hameau des Sanières; elle fut consacrée le 12 octobre 1718 et la messe s’y disait deux fois la semaine.
Laurent de Rame, sieur de Chantereine, chanoine d’Embrun, fonda dans l’église paroissiale, en 1660, la chapelle de Saint-François, sous le juspatronat du seigneur des Crottes,
En 1670 nous trouvons la fondation, à l’entrée du village, de la chapelle de Saint-Sébastien, que les consuls firent réparer en 1700
En 1701 la fondation de celle de Sainte-Madeleine, au hameau de Beauvillard, par Jean Albrand ;
En 1731 la fondation, au hameau du Forest, de celle de Notre-Dame-des-Neiges, par Jean Bosc.
Au XVIIIe siècle il existait, outre ces chapelles, celle de Saint-Jean à la Montagne, celle de Saint-Marcellin au Forest, de Saint-Claude à Combe-Meyranne, de Saint-Jean-Baptiste aux Albrands, de Saint-Roch, sous le juspatronat de la famille Albrand, de Tous-les-Saints, sous celui du chapitre d’Embrun; de la Trinité, sous celui de la famille Garnier, et des Onze-Mille-Vierges, sous celui de la famille Baile de Baratier.
- Le clergé paroissial se composait d’un curé et de deux vicaires; le curé était nommé, par l’abbé de Boscodon, ainsi que l’un des vivaires ; le second par le chapitre d’Embrun. Les dîmes de la paroisse, se partageaient entre l’abbaye de Boscodon et le chapitre d’Embrun ; ce dernier avait dans cette paroisse une prébende dont l’archidiacre était titulaire.

Administration et Justice:

Le droit de justice appartenait au Dauphin et au seigneur majeur; par concession du 6 août 1319 ce dernier avait, aussi bien que le Dauphin, droit de haute justice et faculté d’élever des fourches patibulaires. Au XVIIIe Siècle cette juridiction très amoindrie s’exerçait à Embrun ,avec droit d’appel au vibailliage. Les Crottes dépendaient d’Embrun au point de vue administratif. Un châtelain seigneurial ou baile et un mistral delphinal y résidaient.

État féodal:

Cette terre était divisée en plusieurs coseigneuries ; les seigneurs de Baratier (voir cet article) et le chapitre d’Embrun en possédaient une faible partie, le Dauphin y avait, au contraire, des droits qu’il vendit en 1593 au seigneur majeur des Crottes, pour 450 écus ; cette vente fut renouvelée à plusieurs reprise jusqu’à la Révolution.
-Les seigneurs des Crottes fournissaient au Dauphin un cavalier armé pour ses chevauchées.

  • Guillaume d’Embrun, 1166
    - B[ertrand?], 1198
    Hugues, 1210 -1247
    Humbert, 1254
    Hugues, 1255 - 1288
    Boniface, 1291 -1328
    Raoul, -1328-1338
    Guillaume, Jean et Antoine, 1341-1360
    Étiennette, fille de Guillaume, épouse Henri Raymond, 1390
    Antoine, frère de la précédente, rachète les droits de son beau frère, 1360 -1416
    Antoinette, sa fille, femme d’Antoine de la Villette, 1416-1459. Ils ont trois fils :
    Yves, qui hommage en 1459 et fait ses frères héritiers.
    Louis, qui meurt en 1478 en faisant héritier son fils Louis et la famille Richère. Louis, son fils, meurt en 1520 et son héritage se divise entre ses trois filles Louise, Catherine et Marie, mariées dans les familles Reynaud, de La Font et Bosse ; ce démembrement de seigneurie fait retour avant la fin du XVIe siècle à la seigneurie majeure ;
    Martin, troisième fils d’Antoine, teste, en 1530, partageant ses biens entre les familles de Rame, de Naveisse, et d’Arènes.
  • Gaspard de Rame, 1530 -1549
    Antoine, 1549 -1592
    Mathieu, 1592 - 1628.
    Sa fille Isabeau épouse Jacques d’Espagne
    son autre fille Hélène épouse Charles d’Autric de Ventimille, qui rachète les droits de son beau frère, 1628-1660
    Élisabeth, leur fille, épouse Arnaud de Guillem de Sala de Montjustins, 1660 -1687
    Joseph-Elzéard-Charles, leur fils, 1704-1724
    Lazare de Ravel achète au précédent pour 49,000 livres, le 4 octobre 1724 - il teste en 1762
    René-Hyacinthe, 1762-1769
    Joseph Cellon achète au précédent 60,000 livres, le 11 juillet 1769, et revend à Jean-Louis-François Cressy, le 28 novembre l792.
  • Athenulphe de Briançon, 1268
    Hélène, veuve de Jacques de Ravenne, 1299
    François Agni, 1335
    Louis, 1340
    Randonne, sa fille, épouse de Henri de Hautvillar, 1380-1429
    Jacqueline, leur fille, épouse Guillaume Taxil, 1429
    Bérengère, leur fille, épouse Pierre Émé, 1437
    Jacques Émé, 1450
    Oronce, 1487
    Claude et Raymond, 1541
    Pierre teste en 1598
    Guillaume, 1599
    Jean, 1626-1650
    Guillaume, 1680
    Pierre Tholozan en hérite en 1681
    Jean, 1716
    Jean-Antone, 1750-1765.
  • Raymond dit Queyras, 1335
    Jean et Parceval de Bardonnèche, 1342
    Guigues Albert, 1388-1390
    André, Baudon, Raymond et Antoine Albert, 1428-1458
    Hugues, 1479
    André, 1491
    Randon, 1511
    Gonet et Drevon, 1542
    Alix et Catherine de Saint-Marcel, Guillaume et Claude Raymond, Pierre et Claude Arnaud, Eynard d’Arènes, 1542
    Claude Chabassol, 1560-1574
    Jean d’Arènes, 1580-1595
    Louis d’Arènes, 1609
    Gaspard Chabassol, 1611-1630
    Scipion de Raymond, 1627.
  • Histoire:

    -1265, 11 janvier, Guigues VII concède aux seigneurs des Crottes une importante charte de privilèges.
    -1319, 6 août, ces privilèges sont encore augmentés par Henri, évêque de Metz, régent du Dauphiné.
    -1348, 4 décembre, Humbert II donne, moyennant une rente annuelle de 20 florins, tous les bois qu’il possède dans le territoire des Crottes aux habitants.
    -1580, novembre, Lesdiguières s’empare des Crottes avec la connivence du seigneur Antoine de Rame; il abandonne sa conquête peu de semaines plus tard.
    -1584, août, il s’en empare de nouveau.
    -1692, août, l’armée du due de Savoie incendie le village et le château ; la communauté paie une contribution de 2,000 livres.

    Armoiries

    D’or au dauphin d’azur, crêté, barbé et oreillé de gueules, au-dessus des deux, lettres S. L. (Sanctus Laurentius)

    Biographie:

    -GENEVÈS (Étienne), évêque de Saint-Paul-trois-Châteaux ; d’après le Gallia il aurait été originaire de la ville dont il fut évêque ; mais il était probablement né aux Crottes, où il possédait des biens eu 1458, et où une famille Genevès a existé jusqu’à notre époque. Il fut d’abord chanoine de Montélimar, puis curé de Savines et official de l’archevêque d’Embrun. Nommé évêque de Saint-Paul en 1450, il mourut dans cette ville en 1470.
    -RAME (Antoine de), seigneur des Crottes par 1a mort de Gaspard, son père, arrivée en 1549. Il suivit la carrière des armes, embrassa le protestantisme, et l’ayant abjuré en 1583, il fut nommé gouverneur de l’Embrunais (1585), du Briançonnais (1587) et mourut en 1592.
    -RAME (Mathieu de), fils du précédent, excellent officier de cavalerie, se distingua à la bataille de Vizille (1588) et porta au Roi les drapeaux qui y furent conquis sur les Suisses. Nommé gouverneur de Digne en 1593, il y soutint Henri IV contre les Ligueurs.

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